Un week-end dans l’Oise

A moins d’une heure et demi de Paris en voiture, Compiègne et ses environs proposent un voyage dans le temps, du Moyen Age avec le Château de Pierrefonds à la Première Guerre mondiale au Mémorial de l’Armistice. 

Château de Pierrefonds 

C’est à l’orée de la forêt de Compiègne que se dresse l’imposant château de Pierrefonds, forteresse médiévale qui sera réhabilité au 19e siècle par l’architecte Viollet-le-Duc qui réinterpréta les codes du Moyen Age pour livrer une œuvre fantasque et flamboyante. 

Château de Pierrefonds

En 1397, le duc Louis d’Orléans, frère de Charles VI, en conflit avec le duc de Bourgogne pour s’approprier le pouvoir royal, fait construire à Pierrefonds une demeure fortifiée. C’est un moyen d’affirmer sa puissance et de contrôler les échanges entre les Flandres et la Bourgogne. 

En 1617, le château est démantelé sur ordre du roi Louis XIII pour éviter qu’il ne serve de refuge aux opposants. Les tours sont éventrées. Cette grande ruine tombe dans l’oubli jusqu’à son achat par Napoléon Ier en 1810. Son aspect de ruine romantique en fait un site très fréquenté au 19e siècle. 

A partir de 1857, l’empereur Napoléon III (1808-1873) veut transformer Pierrefonds en résidence impériale. Ce projet ne se réalise pas et le château, devenu musée, est ouvert au public dès 1867. Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), nommé architecte de la restauration, met en pratique ses conceptions architecturales pour en faire un château idéal tel qu’il aurait pu exister au Moyen Age.  Sa conception rationaliste de l’architecture gothique et ses déductions l’amenèrent à prendre parfois des initiatives tels des suppressions ou des rajouts d’éléments selon l’époque considérée comme la plus caractéristique. Elles furent parfois l’objet de vives discussions. Après sa mort, son gendre continue le chantier jusqu’en 1885 sans l’achever. 

Pierrefonds provient des noms latins petra fontana, petra fontis et petra fons, qui signifient « sources » ou « fontaines des pierres ». Au 19e siècle, la découverte d’eaux de qualité fit connaître à Pierrefonds un destin insoupçonné : celui de ville thermale, sous le nom de Pierrefonds-les-Bains. Témoins de ce succès éphémère, l’hôtel des Thermes et la gare ferroviaire, aujourd’hui désaffectée. 

Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, le château est occupé par les armées allemandes dès le début du conflit. Lors de la première bataille de la Marne, les troupes allemandes subissent une lourde défaite face aux soldats français menés par le général Joffre. Le 10 septembre, elles battent en retraite en direction de l’Aisne et passent par le village de Pierrefonds. Elles traversent la rivière et évacuent le village. Les Allemands seront restés à peine un mois.

A partir du 20 septembre, la guerre des tranchées débute et durera trente mois, durant lesquels Pierrefonds sera un centre d’appui militaire stratégique. Le château reçoit ainsi jusqu’à 1500 soldats en même temps. Les soldats vivent au château dans l’attente d’être envoyés au front, en repos ou en permission. 

Pendant leur cantonnement, les soldats laissent sur les murs du château de très nombreux graffitis et dessins, témoignages de leur passage et de leur vie quotidienne pendant la guerre. Certains sont encore visibles, essentiellement au premier étage de l’aide des invités. 

Où dormir ?

Chez « Il était une fois » : cette maison d’hôte, située au pied du château, est parfaitement entretenue et joliment décorée. La suite familiale est confortable et calme, le petit déjeuner est excellent !

Pour l’anecdote, cette bâtisse du 15esiècle, l’une des plus anciennes de Pierrefonds, était autrefois réputée dans la région de 1870 à 1956 pour sa table sous le nom de l’hostellerie de l’Enfer. 

Compiègne

Compiègne fut résidence royale avant d’être le témoin des réceptions fastueuses du Second Empire. Pour plonger dans cette ambiance, nous avons visité le palais impérial, sobre et massif. Puis nous avons suivi l’un des nombreux itinéraires de la forêt où furent signés les deux armistices, le 11 novembre 1918 et le 22 juin 1940. 

Le Palais de Compiègne

Les appartements royaux

Le château de Compiègne comporte quatre appartements principaux (appartements de l’Empereur, de l’Impératrice, du roi de Rome et appartement double de prince) qui témoignent de son occupation de la fin du 18e siècle au Second Empire.

Les appartements historiques comprennent l’appartement de l’Empereur, celui de l’Impératrice, mais aussi celui du roi de Rome et enfin l’appartement dit Double de prince, aménagé sous l’Empire pour l’accueil d’un couple princier.

Les appartements de l’Empereur et de l’Impératrice témoignent de l’occupation du château devenu palais impérial, de la fin du 18e siècle à la chute du Second Empire, avec, entre autres, pour le 18e siècle la salle des Gardes, pour l’Empire les chambres de Napoléon Ier et de l’impératrice Marie-Louise, et pour le Second Empire le salon de Thé de l’impératrice Eugénie.

Chaque pièce de cet ensemble a été remeublée en suivant les principes de la restitution des états historiques formulés à Compiègne après la Seconde guerre mondiale. Pour chacune, le choix a été fait de retourner, parmi les trois états possibles (18e, Premier Empire, Second Empire), à celui dont l’ensemble du mobilier et des œuvres d’art était le plus complet dans les collections du musée afin d’être au plus près de la notion d’authenticité.

Lors de notre visite, les appartements accueillaient l’exposition « Concept-car, beauté pure ». Réunissant une trentaine d’automobiles, motocyclettes, véhicules de record, ainsi qu’une centaine de photographies, documents, dessins préparatoires, maquettes, cette exposition retrace la genèse du véhicule automobile sous sa forme la plus proche de l’objet d’art : le Concept-car. Apparu dès les années 1930, ce type de véhicule se présente en général sous la forme d’un exemplaire unique, réalisé à des fins d’étude d’aérodynamisme ou de style, ou plus tard de promotion commerciale. Cette exposition se tient jusqu’au 23 mars au Palais de Compiègne. 

Le musée national de la voiture

Le Musée national de la Voiture fut créé en 1927 à l’initiative du Touring club de France, grâce à la détermination de son vice-président Léon Auscher, carrossier de profession. Les grands carrossiers présents aux Expositions Universelles souhaitaient constituer une histoire de la locomotion terrestre et contribuer à la sauvegarde du patrimoine hippomobile et automobile, menacé par les mutations rapides que connaissait le transport routier au tournant du 19e et du 20e siècle. 

Il offre aujourd’hui un panorama de l’histoire du transport des personnes, en particulier du passage de la traction animale à l’automobile, avec des véhicules originaires d’Europe, mais aussi d’autres continents. Le musée conserve une collection exceptionnelle de véhicules hippomobiles du 18eau début du 20e  siècle, d’automobiles et de cycles, ainsi qu’un important fonds iconographique sur le thème des transports.

Sa collection de tout premier ordre comprend une centaine de véhicules hippomobiles du 17ème au début du 20ème siècle, une trentaine d’automobiles, témoignant de la naissance du mode de transport, une section consacrée à l’histoire du cycle ou encore des pièces illustrant les domaines du transport ferroviaire, de la traction humaine et du portage.

Au cœur de la clairière de Rethondes : le Mémorial de l’armistice 

Territoire au cœur de la Grande Guerre, département stratégique, l’Oise fut aussi le premier département à redevenir français et accueillit la signature de l’armistice à Compiègne, qui devient alors le symbole de la Victoire et de la Paix. 

La clairière dite « de Rethondes », au cœur de la forêt compiégnoise, est soudain entrée dans l’Histoire, symbolisant aux yeux du monde entier la fin des hostilités de la Grande Guerre, le terme de quatre années d’un conflit effroyable. 

Nous sommes dans la nuit du 10 novembre 1918, le wagon de chemin de fer, utilisé par le Maréchal Foch comme wagon bureau, stationne depuis le 7 novembre au soir sur une double voie ferrée que l’artillerie française avait aménagée durant la guerre.

Le Maréchal Foch y reçoit les Allemands le 11 novembre à 2 h 15 qui acceptent de signer l’armistice à 5 h 15. 

Si le wagon original a été détruit sur ordre d’Hitler après l’armistice vengeur de 1940, son jumeau révèle où étaient placées les différentes personnes au moment de la signature. A côté du Wagon, le musée mémorial de l’armistice abrite près de 800 photo stéréoscopiques en noir et blanc, saisissants témoignages de la vie des poilus, de la mobilisation, de Verdun, de la fête de la Victoire. Passionnant !

Depuis l’été 2018, le Mémorial de l’Armistice propose une nouvelle scénographie qui permet aux visiteurs de profiter d’un parcours plus ludique et pédagogique, plus moderne et dynamique, menant d’une guerre à l’autre et permettant de faire le lien entre les armistices de 1918 et 1940. 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *