Japon-Japonismes au Musée des arts décoratifs

Dans le cadre de la saison « Japonismes 2018 : les âmes en résonance », le Musée des Arts Décoratifs rend hommage une nouvelle fois au Japon et à son art. Près de 1 400 œuvres d’art sont exposées, retraçant les moments forts de cette histoire d’échanges entre le Japon et la France. Une exposition splendide !

Le Musée des Arts Décoratifs, pionnier de l’art japonais en France. 

Dès sa fondation, en 1864, le Musée des Arts Décoratifs a eu a cœur de conserver et présenter l’art japonais en France. En 1869, il organise la première grande exposition d’art oriental. Depuis, le Musée achète et expose les œuvres d’art d’Orient d’Occident, en vue d’inspirer les créateurs contemporains.  Cet attrait de l’Occident pour la composition des estampes, la préciosité des porcelaines, l’usage des techniques du grès et du métal et la délicatesse des laques, a permis de renouveler la production artistique en Europe. Ces créations vont nourrir le courant du Japonisme. Inversement, lorsque le Japon s’ouvre à l’Occident au début de l’ère Meiji, en 1868, il subit son influence : c’est sur cette période charnière que le visiteur débute son parcours.

L’éclectisme au cœur de l’exposition

Dans une scénographie confiée à Sou Fujimoto, de la nouvelle génération d’architectes minimalistes japonais, le visiteur peut admirer près de 1 400 œuvres d’une grande variété : objets d’art et de design, créations de mode, arts graphiques, photographies.

Déployée sur 2 200 m2, cette exposition s’articule autour de cinq thématiques : les acteurs de la découverte, la nature, le temps, le mouvement et l’innovation.

Les acteurs de la découverte

L’exposition s’ouvre sur « les acteurs de la découverte » de l’art japonais et le rôle des Expositions universelles dans la transmission de cette culture à partir de 1867.Les récits et les collections rapportées par des voyageurs et marchands, à l’instar d’Henri Cernuschi, Émile Guimet, Hugues Krafft, Siegfried Bing, Florine Langweil ou Hayashi Tadamasa, ont également participé à la diffusion d’une grande variété d’objets à travers toute l’Europe : laques, céramiques, estampes, bronzes, paniers, peignes, textiles, papiers peints mais aussi katagami, kimono et tsuba.

La nature 

La nature, source d’inspiration chère aux artistes japonais et occidentaux, plonge le visiteur dans l’univers végétal, floral et animal, dont les motifs inspirés par la faune et la flore ont ouvert tout un champ lexical ornemental et symbolique qui a participé au fondement du Japonisme.

Chiyogami — Papier décoré – Japon, 19e siècle
Musée des Arts Décoratifs © MAD Paris /photo Jean Tholance

Le temps 

Le temps et les liens que les japonais entretiennent avec leur propre histoire est illustré à travers le rythme des saisons et la vie traditionnelle à l’époque d’Edō (1603-1868). Les sujets relatifs au quotidien et aux usages, tels que les cérémonies du thé, de l’encens et de la calligraphie ou liés à la spiritualité, convient le visiteur à un moment de contemplation.

Palanquin (Norimono)de la famille des Shoguns Tokugawa — Japon, époque d’EDF, 19e siecle
Bois laqué noir et or, métal ciselé intérieur tapissé de papier peint
Musée des Arts décoratifs en dépôt au musée de la Voiture et du Tourisme à Compiegne
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle

Le mouvement 

En abordant le thème du mouvement, l’exposition met en exergue la capacité de l’art japonais à saisir l’instant présent et dont les artistes européens se sont emparés. Représenté dans les spectacles de théâtre et de sumo, à travers les costumes, les masques et les estampes, le mouvement s’exprime également par les lignes de certains objets anciens et contemporains. Il se manifeste aussi à travers les échanges commerciaux et artistiques entre la France et le Japon du 17esiècle à nos jours. Les productions du mouvement Mingei, à l’exemple du tabouret Butterfly de Yanagi Sori et de la chaise longue en bambou de Charlotte Perriand, en offrent une parfaite illustration.

Yanagi Sori — Tabouret « Butter y stool »
Japon, Fabriqué par TENDO Co. Ltd. – Édition Steph Simon, 1956
Musée des Arts Décoratifs © MAD Paris /Jean Tholance

Les innovations 

Enfin, le parcours s’achève avec les innovations qui s’illustrent depuis la fin du 19esiècle avec les procédés techniques japonais traditionnels comme le grès, les laques et le métal et couvrent les domaines du graphisme, des objets et de la mode évoquant ainsi les influences artistiques qui se mêlent aux procédés les plus novateurs. Cette dernière partie convoque les grands noms de la mode des 20eet 21esiècles ; de Issey Miyake à Junya Watanabe en passant par Paul Poiret, Junko Koshino, Rei Kawakubo (Comme des garçons) et John Galliano.

Ikko Tanaka Issey Miyake — série no 1
« Nihon buyo » Printemps / Été 2016
© Issey Miyake INC. / photo Francis Giacobetti

Exposition Japon-Japonismes.Objets inspirés. 1867-2018 au Musée des arts décoratifs de Paris du 15 novembre 2018 au 3 mars 2019.

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